Manuela Leconte et Vincent Bénard en concert au manoir de la Grand Cour de Seuilly
@ crédit photo : Hélène Biard
Le petit village de Seuilly se trouve
au centre d’un triangle formé par Chinon, Saumur et Fontevraud.
S’il n’y a que 392 habitants à Seuilly, le village n’en est
pas moins très actif en période estivale grâce, notamment, au
festival de La dive musique qui investit les sites qui ont fait en
leur temps la renommée de Seuilly (l’abbaye (car oui il y en avait
une très renommé au XVe siècle), l’église Saint Pierre et le
manoir de la Grand Cour parfaitement restauré par ses propriétaires
actuels) ou naquit François Rabelais à la fin du XVe siècle
(l’année de naissance exacte n’est pas connue et va entre 1483
et 1494). En ce chaud mercredi soir d’août, c’est un duo assez
particulier qui investit la petite salle de concert du manoir ou sont
installés un piano et l’orgue restauré avec bon goût. La soprano
Manuela Leconte et le pianiste Vincent Bénard (qui est aussi
organiste) ont préparé un programme joliment intitulé
« Romantisme, élégance, profondeur et évasion ». Les
compositeurs au programme : Robert Schumann (1810-1856), Gabriel
Fauré (1845-1924) et Johannes Brahms (1833-1897).
De la musique instrumentale magnifiquement interprétée à l’orgue
C’est la troisième année que j’assiste à un concert au manoir de la Grand Cour. Après l’excellent pianiste Pierre Gallon en 2023 (https://lyriqueinfo.blogspot.com/2023/08/le-claveciniste-pierre-gallon-ouvre.html) et la soprano Ingrid Perruche accompagnée par Daniel Isoir en 2024 (https://lyriqueinfo.blogspot.com/2024/09/ingrid-perruche-et-daniel-isoir-parlent.html), j’ai eu l’occasion de découvrir cette année un binôme inédit pour moi : la soprano Manuela Leconte accompagnée par le pianiste et organiste Vincent Bénard. Si j’ai apprécié la très belle performance de Vincent Bénard à l’orgue, l’esquisse en do mineur et les deux canons (le 1er est en do mineur et le 2e est en la mineur) de Robert Schumann (1810-1856) sont interprétés sans faiblesse sur l’orgue du manoir que j’entendais résonner pour la première fois. De Johannes Brahms Vincent Bénard interprète trois chorals dont deux (Ô Gott, du frommer Gott et Herzlich tut mich verlangen, Zigeunerlieder) ont été composés avec une vocalise que Manuela Leconte interprète en toute simplicité derrière le buffet de l’orgue pour le premier et face au public pour le second.
Des lieder et des mélodies interprétés au mieux
Je ne connaissais pas Manuela Leconte avant son récital au manoir de la Grand Cour à Seuilly. La voix est belle et parfaitement maîtrisée ; les tempos et les nuances sont justes mais la diction par contre est assez aléatoire, aussi bien en allemand qu’en français. Comme si elle n’y accordait pas vraiment d’importance alors que Mme Leconte est, si l’on en crois la courte biographie qui accompagne le programme, spécialisée dans l’interprétation du lied, de la mélodie et de l’oratorio. Certes on est en pleine campagne et peu de personnes en France connaissent Seuilly (qui se rappelle que François Rabelais est né dans ce petit village à la fin du XVe siècle ? Chinon, Saumur et Fontevraud ont une visibilité nettement plus importante, c’est vrai). Qu’il s’agisse de Frauenliebe und leben de Schumann ou de Zigeunerlieder de Brahms on s’interrogera sur le propos de cette artiste difficile à cerner. Les mélodies de Gabriel Fauré choisies parmi les plus connues comme, par exemple, Clair de Lune, Après un rêve ou encore Les berceaux m’ont laissée perplexe. Certes la salle est petite et haute de plafond mais cela ne suffit pas à expliquer ce manque de rigueur quant à la diction. L’intention est très bonne mais insuffisante et je l’ai regretté car, ainsi que je l’ai dit la voix est belle et parfaitement maîtrisée.
Même si je n’ai pas été totalement convaincue par Manuela Leconte, les deux artistes ont reçu un très bel accueil de la part du public venu nombreux en ce mercredi soir. Ce sont deux bis que les deux artistes ont concédé : La danza de Gioachino Rossini (1792-1868) et l’Ave Maria de Astor Piazzolla (1921-1992).
Compte rendu, concert. Seuilly. Manoir de la Grand Goule, le 20 août 2025. Robert Schumann (1810-1856) : Frauenliebe und leben, Esquisse en do mineur (orgue), Canon en la mineur (orgue), Canon en si mineur (orgue) ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Clair de lune, Au bord de l’eau, Après un rêve, Sérénade Toscane, Adieu, Les berceaux, Notre amour ; Johannes Brahms (1833-1897) : Ô Gott, du frommer Gott, Es ist ein Ros’entsprungen, Herzlich tut mich verlangen, Zigeunerlieder ; Gioachino Rossini (1792-1868) : La danza (bis 1) ; Astor Piazzolla (1921-1992) : Ave Maria (bis 2). Manuela Leconte, soprano ; Vincent Bénard, piano et orgue.
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