Beethoven en vedette de la tournée de l’Orchestre des Champs Elysées

 


C’est une nouvelle tournée européenne qui a commencé au Théâtre Auditorium de Poitiers en ce mois de mars pour l’Orchestre des Champs Élysées. Au programme de cette « virée » européenne, la « grande » IXe symphonie de Ludwig Van Beethoven. Et comme pour signifier un certain agacement de la guerre revenue aux portes de l’Europe Occidentale, les responsables de la phalange ont également programmé une œuvre de Hanns Eisler (1898-1962) : Gegen den Krieg qui est un chœur A Cappella très anti guerre, tel que l’avait voulu Eisler.


Gegen den Krieg (contre la guerre) de Hanns Eisler (1898-1962) : Une brillante entrée en matière


Hanns Eisler composa son Gegen der Krieg (contre la guerre) en 1935 ; Ce chœur chanté A Cappella dure une dizaine de minutes et porte un message fort de paix ; la charge contre la guerre toute feutrée qu’elle soit n’en est pas moins très dure. La période était assez sombre puisque l’Allemagne s’était jetée au début des années 1930 dans les bras des sbires d’Adolf Hitler qui envahissaient peu à peu l’Europe. Après quatre-vingt ans de paix, la guerre est revenue aux portes de l’Europe ; c’est cette « situation » insupportable que la phalange et le Collegium Vocale Gent ont souhaité dénoncer d’une manière ferme. Le Collegium Vocale Gent entre seul sur le vaste plateau de l’auditorium pour interpréter le chef d’œuvre de Eisler. Le chœur, composé d’artistes chevronnés, est remarquable : diction impeccable, justesse parfaite d’un bout à l’autre du chef d’œuvre de Eisler. Quant à Philippe Herreweghe, il dirige son ensemble historique sans faiblesse. La battue est précise, nette, ferme ; Philippe Herreweghe et le Collegium Vocale Gent rendent justice à Eisler par une interprétation remarquable de ce chœur A Cappella peu connu.


La IXe symphonie de Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : un monument de la musique romantique allemande


Des neuf symphonies que composa Ludwig Van Beethoven (1770-1827), la dernière est la plus longue, mais aussi la plus majestueuse. Les quatre mouvements de cette œuvre hors norme sont interprétés avec une maestria inégalable : les nuances et les tempos sont parfaits, chaque thème est ciselé avec un art consommé. Très sollicité, le Collegium Vocale Gent, parfaitement préparé en amont, interprète la partition écrite par Beethoven avec panache ; après les thèmes du 1er et du 3e mouvement, identifiables par chacun, le célébrissime Ode à la joie retentit puissamment dans le vaste auditorium bondé. Si j’ai apprécié la performance exceptionnelle du Collegium Vocale Gent, j’en regretterais presque que les solistes interviennent presque exclusivement en quatuor ; seuls le baryton, Johannes Kemmler, et le ténor, Benjamin Hulet, ont droit à une introduction soliste. Cela étant dit, les quatre voix sont de toute beauté et les solistes invité font honneur à Beethoven.


Le Collegium Vocale Gent et l’Orchestre des Champs Elysées, accompagné par un très beau quatuor de solistes ont rendu justice à Hanns Eisler et à Ludwig Van Beethoven. Et le public, venu nombreux, ne s’y est pas trompé en réservant un accueil très chaleureux à l’ensemble des artistes présents sur le vaste plateau de l’auditorium.


Compte rendu, concert. Hanns Eisler (1898-1962) : Gegen den Krieg (contre la guerre) ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : symphonie N°9. Eleanor Lyons, soprano ; Sophie Harmsen, mezzo soprano ; Benjamin Hulett, ténor ; Johannes Kemmler, baryton. Collegium Vocale Gent ; Orchestre des Champs Elysées. Philippe Herreweghe, direction.


Crédit photo : Arthur Péquin

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