L’Orchestre des Champs Élysées poursuit son cycle Beethoven
L’Orchestre des Champs Élysées a entamé un cycle Beethoven depuis la saison 2025/2026 dont le point d’orgue sera atteint pour la saison 2026/2027 à l’occasion du bicentenaire de la disparition de Ludwig Van Beethoven (1770-1827). Les responsables de la phalange ont donc prévu, entre autres évènements, de jouer l’intégrale des symphonies sur les trois saisons. En ce dernier jeudi de janvier ce sont donc les symphonies N°2 et N°8 qui ont été interprétées au Théâtre Auditorium de Poitiers devant un public toujours aussi nombreux. Entre ces deux œuvres fleuves était programmé le concerto pour piano et orchestre en sol majeur pour lequel le talentueux pianiste australien Kristian Bezudenhout jouait un beau pianoforte d’époque lui aussi.
Deux symphonies interprétées tambour battant
C’est la symphonie N°2 en ré majeur qui ouvre la soirée. Philippe Herreweghe dirige l’Orchestre des Champs Elysées sans faiblesse. Si la gestuelle est plus sobre et économe, elle est toujours aussi ferme et efficace ; Philippe Herreweghe, qui connaît son Beethoven sur le bout des doigts livre une lecture de très belle facture de cette symphonie, assez longue au demeurant puisqu’elle dure environ 35 minutes. La symphonie N°8 en fa majeur dure « seulement » 25 minutes et, comme sa grande sœur, elle a quatre mouvements mais plus courts que ceux de la deuxième symphonie. Cela étant dit, Philippe Herreweghe se montre tout aussi ferme et efficace qu’auparavant ; il nous délivre une très belle lecture de cette avant dernière symphonie.
@ Crédit photo : Marco Borgrève
Kristian Bezudenhout : un soliste talentueux pour interpréter Beethoven
Pour « couper » un peu les longueurs des deux symphonies du programme, les responsables de la phalange ont programmé un concerto pour piano du compositeur bonnois. C’est le quatrième des concertos pour piano qui a été programmé ; et pour l’interpréter ils ont invité l’excellent pianofortiste Kristian Bezudenhout. Né en Afrique du Sud, il fait ses études et ses premiers pas en Australie ou ses parents, fuyant l’apartheid, ont trouvé refuge avec leurs enfants. Après des débuts fulgurants, Kristian Bezudenhout collabore avec les meilleurs chefs et orchestres en activité ; l’Orchestre des Champs Élysées et Philippe Herreweghe en font partie. Kristian Bezudenhout interprète la partie soliste du concerto avec une maestria peu commune ; il caresse les touches de son clavier avec beaucoup de douceur et la musique sonne sous ses doigts expert sans efforts. Quant à l’Orchestre des Champs Elysées il accompagne son soliste du jour avec brio ; le dialogue entre la phalange et le pianiste prend des couleurs vives tant la communion entre l’ensemble des artistes présents sur le vaste plateau de l’auditorium est totale.
Comme de bien entendu l’Orchestre des Champs Elysées et son chef historique ont régalé un public venu nombreux à l’auditorium. Et les ovations reçues en fin de première partie et à la fin du concert témoignent de l’engouement que suscitent chaque passage de l’Orchestre des Champs Elysées. Cela étant dit, j’avoue que je serai contente de voir la phalange changer de répertoire.
Compte Rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 29 janvier 2026. Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : symphonie N°2 en ré majeur ; concerto pour piano et orchestre en sol majeur N°4 ; symphonie N°8 en fa majeur. Kristian Bezudenhout, pianoforte ; Orchestre des Champs Élysées ; Philippe Herreweghe, direction.


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