L’orchestre de Chambre Nouvelle Aquitaine s’engage aux côtés de la ligue contre le cancer pour octobre rose


                        

                            @ Crédit photo : Jérémy Bruyère


Traditionnellement, le mois d’octobre est le mois de lutte contre le cancer du sein. Pour la seconde année consécutive, l’Orchestre de Chambre Nouvelle Aquitaine s’engage dans ce combat aux côtés de la ligue contre le cancer. Le concert de l’édition 2026 était dirigé par le violoncelliste Raphaël Merlin qui a succédé à Jean François Heisser en janvier dernier à la tête de la phalange néo aquitaine. Raphaël Merlin a eu l’heureuse idée de programmer le concerto pour violon de Ludwig Van Beethoven (1770-1827) pour lequel il a invité l’excellent violoniste Pierre Fouchenneret ce qui change agréablement des éternelles symphonies présentées sur les scènes françaises et étrangères. C’est la seconde fois que Pierre Fouchenneret joue avec l’Orchestre de Chambre Nouvelle Aquitaine (https://lyriqueinfo.blogspot.com/2020/10/lorchestre-de-chambre-nouvelle.html) et je me réjouis de le voir revenir dans la région.


Ibert et Beethoven pour débuter la soirée


la soirée commence par une œuvre assez courte mais très agréable à écouter de Jacques Ibert (1890-1962) : Hommage à Mozart. Composée et créée en 1956, pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Le chef d’œuvre de Ibert prend la forme d’un rondo qui s’inspire de l’univers mozartien sans pour autant le plagier. La musique virevoltante d’Ibert est dirigée avec maestria par un Raphaël Merlin en grande forme. La direction nerveuse, ferme et fluide du chef de 44 ans galvanise l’Orchestre de Chambre Nouvelle Aquitaine visiblement très en forme et très impliqué dans la cause défendue par la ligue contre le cancer. Cette pièce ne dure que cinq minutes, mais ces cinq minutes sont d’une intensité rare que Raphaël Merlin rend avec brio. Pour le concerto pour violon et orchestre en ré majeur opus 61 de Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Raphaël Merlin revient avec le violoniste Pierre Fouchenneret. Il avait déjà joué avec la phalange néo aquitaine en octobre 2020 ; au programme de ce concert on avait pu écouter le le triple concerto, également de Beethoven pour lequel étaient aussi présents le pianiste Théo Fouchenneret, le frère de Pierre, et la très belle violoncelliste Astrig Siranossian. Pour ce concert si particulier, le violoniste revient seul et interprète avec brio la partie soliste de ce concerto pour violon, le seul que Beethoven composa pour cet instrument, avec un brio incomparable. La belle alchimie qui passe entre Fouchenneret, Merlin et l’orchestre donne un résultat exceptionnel : la lecture de Merlin est énergique et sans temps mort, les tempos et les nuances sont parfaits. Attentif à son soliste, Raphaël Merlin le laisse s’exprimer sans faire d’effet de manche.


Bizet : un œuvre de jeunesse en seconde partie


Georges Bizet (1838-1875) n’avait que 17 ans en 1855 lorsqu’il composa sa symphonie en UT majeur. La musique du jeune Bizet n’a rien à envier à celle de compositeurs plus âgés et expérimentés. Raphaël Merlin en donne une lecture nerveuse, avec des tempos et des nuances parfaits. On s’amusera d’entendre dans le second mouvement des thèmes, joués avec talent par la 1ère hautbois de la phalange néo aquitaine que Bizet reprendra quelques années plus tard dans son opéra « Les pêcheurs de perles » (air de Nadir – « A cette voix, quel trouble agitait tout mon être ? … Je crois entendre encore »). L’Orchestre de Chambre Nouvelle Aquitaine fait honneur au jeune Bizet en interprétant sa symphonie avec une maestria inégalable. Ces musiciens chevronnés, dirigés sans faiblesse par un Raphaël Merlin très inspiré.


Une indispensable lutte contre le cancer du sein


On ne rappellera jamais assez à quel point la vigilance reste de mise quand on parle du cancer du sein. Ainsi que le signalait le président du comité de la ligue contre le cancer de la Vienne juste avant le concert, ce sont 62 000 nouveaux cas qui sont détectés chaque année. Et pourtant seulement 49 % des femmes néo aquitaines de 50 à 74 ans font les examens de dépistage ce qui est très peu (source : Santé publique France). Cet état de fait demeure préoccupant car le taux de mortalité pourrait clairement être diminué avec un meilleur taux de dépistage. Je rappelle qu’on peut soit même prendre les choses en main en pratiquant l’auto palpation (que l’on peut apprendre à l’occasion d’une consultation avec une gynécologue ou une sage femme). Ces gestes, indispensables au demeurant, peuvent marquer le début d’un protocole salvateur car pris très tôt le cancer du sein est parfaitement curable (on ne parle pas là du cancer foudroyant comme celui dont fut victime la soprano belge Jodie Devos en 2023). Pour plus de renseignements c’est par ici : https://www.ligue-cancer.net/octobre-rose . Pour devenir bénévole, tisser des liens de partenariat ou faire des dons c’est ici : https://www.ligue-cancer.net/86-vienne




Compte rendu concert. Saint Benoît. La hune, le 16 octobre 2026. Jacques Ibert (1890-1962) : hommage à Mozart ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827) : concerto pour en ré majeur opus 61 ; Georges Bizet (1838-1875) : symphonie en UT majeur. Pierre Fouchenneret, violon ; Orchestre de Chambre Nouvelle Aquitaine. Raphaël Merlin, direction.

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