Un concert beau concert de musique baroque à Candes Saint Martin
Crédit photo : RBS Artists
Le festival de La dive musique basé à Seuilly en Indre et Loire existe depuis 2012. Les concerts se déroulent à Seuilly bien sûr mais aussi à Saumur (en général en juin) et à Candes Saint Martin. L’édition 2026 de la manifestation, la quinzième du nom, était placée sous la direction de la cheffe d’orchestre et violoniste Stéphanie Marie Degand.
Il est devenu traditionnel que la collégiale Saint Martin de Candes abrite le concert de clôture du festival La dive musique. Et c’est un beau programme que Stéphanie Marie Degand a monté avec son ensemble La diane Française. Comme nombre d’ensemble, La Diane Française s’est spécialisé dans le répertoire baroque ; mais la période est si riche qu’il y a de la place pour tout le monde. Si la dynastie Bach, dont Jean Sébastien est le plus illustre représentant, et Jean Baptiste Pergolèse sont des compositeurs majeurs de cette période, nombre d’entre eux sont méconnus, voire oubliés et l’on redécouvre petit à petit un répertoire ou dorment encore des pépites. Pour ce dernier concert, Stéphanie Marie Degand a aussi invité le journaliste qui présente les œuvres du concert. Si j’ai apprécié l’initiative, j’ai regretté que la mauvaise acoustique de la collégiale gâche le discours par ailleurs fort intéressant de Thierry Geffrotin.
Crédit photo : France Musique
Leclair et Bach en début de concert
La soirée débute avec l’opéra Sylla et Glaucus de Jean Marie Leclair (1697-1764). Ainsi que je l’ai dit, nous n’avons pas compris grand-chose de la présentation de Thierry Geffrottin qui a pourtant parfaitement préparé sa présentation. Musicalement, La Diane Française présente les extraits musicaux d’une façon impeccable : nuances, tempos, coordination quasi parfaits. On pourrait penser que le clavecin est à la direction puisqu’il est placé au centre de la petite formation de sept musiciens, mais non c’est bien Stéphanie Marie Degand, installée au poste de 1er violon qui dirige. Et elle le fait avec une rigueur et une discrétion remarquables ; un simple coup d’œil, un geste imperceptible suffisent pour les les musiciens suivent avec une précision millimétrée. La suite instrumentale et la « récréation », sont deux très beaux exemples de la musique de Leclair ; puisqu’on présentait un opéra mal connu, j’aurais apprécié d’écouter un ou deux extraits vocaux puisqu’il y avait deux jeunes et séduisantes artistes lyriques. Le concerto « à la mode » de Jean Sébastien Bach (1685-1750) joliment intitulé « mouvement de concerto » est tout aussi bien interprété. Cette œuvre faite de morceaux disparates de pièces existantes du kantor de Leipzig a effectivement la forme d’un concerto en trois mouvements et cette pièce imaginaire (Marc Minkovski a monté une symphonie imaginaire avec des œuvres de Jean Philippe Rameau [1683-1764]). Stéphanie Marie Degand et ses musiciens font honneur à Bach avec une lecture remarquable de ce « mouvement de concerto ».
Le Stabat Mater de Pergolèse
Mort à seulement 26 ans, Jean Baptiste ¨Pergolèse (1710-1736) était, comme Mozart quelques années plus tard, un petit génie de la musique. Cette précocité remarquable lui a permis de laisser un corpus de musique vocale, opératique et instrumentale conséquent. Le Stabat Mater a été composé et créé en 1736 juste avant sa disparition La flûte enchantée de Mozart a connu le même destin (création dans le courant du dernier trimestre de 1791) quant au requiem du même Mozart il était inachevé au moment de sa disparition en décembre 1791, c’est l’élève de Mozart, Sussmayer, qui l’a achevé à partir du canevas laissé par son maître. Pour interpréter ce Stabat Mater pour deux voix de femmes (une soprano et une mezzo soprano) Stéphanie Marie Degand a invité deux jeunes artistes qui gagnent à être connues : Madelaine Bechy et Valentine Gasparov. Après la présentation, fort intéressante de Thierry Geffrotin qui parle de la très courte vie de Pergolèse et de la création de son ultime chef d’œuvre (il est mort peu de temps après), on écoute ce Stabat Mater qui dure une trentaine de minutes et qui voit alterner les voix des deux jeunes femmes. La maturité des deux artistes, leurs voix parfaitement maîtrisées et tellement complémentaires « collent » parfaitement au chef d’œuvre de Pergolèse. Si la voix de soprano de Madelaine Bechy est certes un peu claire elle s’envole sans efforts sous les voûtes de la collégiale ; quand à la belle voix de mezzo de valentine Gasparov on apprécie aussi de l’entendre dans tout le bâtiment.
Compte rendu, concert. Candes Saint Martin. Abbatiale Saint Martin, le 23 août 2026. Jean Marie Leclair (1697-1764) : Scylla et Glaucus, opéra en 1 prologue et cinq actes sur un livret de D’albaret – suite instrumentale, récréation ; Jean Baptiste Pergolèse (1710-1736) : Stabat Mater ; Jean Sébastien Bach (1685-1750) : Mouvement de concerto (concerto imaginaire à partir d’œuvres existantes).Thierry Geffrotin, journaliste et conférencier musical. Madeleine Bechy, soprano ; Valentine Gasparov, mezzo soprano ; ensemble La Diane Française. Stéphanie Marie Degand, violon et direction.


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