Interview croisée : Jean François Heisser, pianiste et chef d’orchestre et Charles Heisser, pianiste et compositeur
Crédit photo : T.Chapuzot
Bonjour à tous les deux. Je vous remercie de m’accorder cette interview entre deux répétitions d’un concert très particulier.
* Jean François, c’est votre dernier concert officiel à la tête de l’Orchestre de Chambre Nouvelle Aquitaine. Que ressentez vous ?
Je suis à la fois content et soulagé que les concerts de Poitiers et Bordeaux aient pu être reportés. Je reconnais que 25 ans à la tête d’un orchestre c’est un record ; beaucoup de chefs d’orchestre ne durent pas aussi longtemps. C’est peut-être dû au fait que le système de chefs invités que nous avons mis en place a permis un roulement régulier à la tête de l’orchestre ; cela étant dit, je pars au bon moment car cela permet de maintenir les excellents rapports que nous avons établi.
Charles, quel effet cela fait il de jouer sous la direction de votre père pour ce concert si particulier ?
Ce sont toujours de bonnes expériences quand nous jouons ensemble, que ce soit à quatre mains ou avec un orchestre. Nous avons joué à plusieurs reprises ensemble : au moins une fois à quatre mains et trois fois comme chef d’orchestre et soliste. La dernière fois c’était lors de la dernière édition du festival Ravel.
@ Crédit photo : festival Ravel
* Jean Frédéric Neuburger, Bertrand Chamayou et Marie Josèphe Jude complètent la distribution. Pouvez vous nous parler d’eux ?
C’est une réunion de la famille musicale. J’ai rencontré Marie Josèphe Jude au Conservatoire de Paris ou elle était mon assistante dans ma classe de piano. Elle y est ensuite devenue elle même professeur tout en poursuivant sa carrière. Plus tard Bertrand Chamayou et Jean Frédéric Neuburger ont été mes élèves à quelques années d’écart. Et puis Charles, le benjamin, complète cette famille musicale qui me rejoint sur scène. Ce sont plusieurs générations qui sont représentées pour ce concert ou nous jouerons de tout car il y a du répertoire et 25 à 30 minutes de création
Charles, vous avez déjà joué avec eux je suppose.
Oui aussi bien avec Marie Josèphe Jude qu’avec Jean Frédéric Neuburger.
* Pouvez vous nous parler du programme ?
Avec Gilbert Amy c’est une complicité de longue date qui dure depuis 1976. Je venais d’intégrer l’orchestre philharmonique qui fusionnait avec l’Orchestre de Radio France ; j’avais 25 ans et lui en avait quarante. Cinquante ans plus tard, nous nous sommes retrouvés pour la création de Invention V est une œuvre composée pour l’orchestre. En ce qui concerne les symphonies de Beethoven, j’en ai fait un pot pourri que nous avons joué aux Folles journées de Nantes. Ce programme je l’ai monté autour de dates importantes depuis mes débuts jusqu’à aujourd’hui. J’avais 25 ans quand j’ai débuté, j’en avais 50 quand j’ai pris la direction de l’Orchestre de Chambre Nouvelle Aquitaine et je prends ma retraite officielle à 75 ans. Ces périodes ont été marquées par des rencontres importantes que le programme et la distribution du concert racontent. Et avec Gilbert Amy, le compositeur chevronné qui compte 70 ans de carrière et Charles qui compose lui aussi c’est un beau relais entre générations avec deux créations mondiales.
Charles, vous allez jouer l’une de vos œuvres. Pouvez vous nous dire quelques mots sur « Soufres, traces, pour deux pianos et orchestre » ?
J’ai commencé la composition de « Soufres, traces pour deux piano et orchestre de chambre » en septembre dernier et je l’ai terminé en décembre car le concert devait avoir lieu en janvier. Au départ j'ai composé un concerto pour piano à quatre mains et orchestre, mais après l'accident je l’ai repris pour en faire un double concerto pour piano et orchestre. C’est une œuvre que j’ai composé spécifiquement pour l’Orchestre de Chambre Nouvelle Aquitaine.
Je
vous remercie encore tous les deux de m’avoir reçue entre deux
répétitions. Je vous souhaite le meilleur pour demain soir.


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