D’une oreille à l’autre : la nouvelle manifestation du Théâtre Auditorium de Poitiers
@ crédit photo : Lisa Roze
Raphaëlle Girard, directrice générale du Théâtre Auditorium depuis 2023 (https://lyriqueinfo.blogspot.com/2023/06/le-theatre-auditorium-de-poitiers-la.html) imprime sa marque à la structure. Si nous regrettons la disparition des rencontres Michel Foucault coorganisées avec l’Université de Poitiers, « D’une oreille à l’autre » permet aussi au public de découvrir des spectacles inattendus. En ce premier jour de déambulation nous avons eu l’occasion de voir un tout jeune et très talentueux accordéoniste : Théo Ould. Sorti du Conservatoire de Paris, il a été nommé dans la catégorie Nouveaux talents des victoires de la musique classique en 2022. Et en l’écoutant on comprend pourquoi ; les doigts volent sur son instrument avec une belle agilité quelque soit la pièce qu’il interprète. De Jean Sébastien Bach à Thomas Gubisch (né en 1957) en passant par Jean, Philippe Rameau (1683-1764) ou encore Astor Piazzolla (1921-1992), le jeune homme balaie une belle palette de l’histoire de la musique avec talent et une bonne dose d’humour. De l’Allemagne à la France puis à l’Argentine on voyage sans bouger de son siège.
Un programme riche présenté avec humour
Théo Ould présente lui même les œuvres qu’il joue et c’est un point très appréciable car rares sont les artistes à le faire. Il en profite pour lancer quelques traits d’humour qui font mouche à chaque fois. La jauge étant réduite à environ 200 personnes, cela crée un rapprochement inhabituel entre le public et le jeune accordéoniste ; et cette proximité permet aussi de profiter au maximum des arrangements réalisés pour accordéon.
La soirée commence par trois pièces de Jean Sébastien Bach (1685-1750) dont une, une chaconne, transcrite pour violon par Ferruccio Busoni (1866-1924) au XIXe siècle. Car c’est à cette période, après plus d’un siècle d’oubli que l’œuvre de Bach est revenue à la mode grâce à des compositeurs comme Busoni et Félix Mendelssohn (1809-1847) entre autres. On ne peut que saluer Théo Ould qui connaît très bien son Bach et qui en parle en toute simplicité. Restant en Europe, en France plus précisément, pendant la période baroque, le jeune homme interprète ensuite une œuvre de Jean Philippe Rameau (1683-1764) que nous connaissons presque mieux comme compositeur d’opéra. Il ne faut pas oublier que Rameau a laissé à la postérité un beau et important corpus de musique instrumentale et un « Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels » datant de 1722 qui faisait autorité à l’époque. Là encore Théo Ould joue son accordéon avec un naturel et une facilité déconcertants et on apprécie d’écouter ces arrangements pour accordéon qui nous font voir ces œuvres sous un jour nouveau. Après l’Europe, l’Amérique centrale. L’argentin Astor Piazzola (1921-1992) est de ces compositeurs incontournables quand on va « visiter » la musique de ces contrées ; et on est séduits par l’interprétation très vive et jazzy de Ould qui varie les plaisirs avec une gourmandise non dissimulée.
C’est un beau concert que nous a présenté Théo Ould. Et le public a tellement bien réagi qu’il a concédé trois bis : une seconde pièce de Piazzolla, une pièce de Philip Glass (né en 1937) qui va bientôt célébrer son quatre vingt dixième anniversaire et une chanson de Barbara – Ma plus belle histoire d’amour c’est vous
Compte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 4 juin 2026. œuvres de Jean Sébastien Bach (1685-1750) ; Jean Philippe Rameau (1683-1764) ; Astor Piazzolla (1921-1992) ; Per Norgärd (1932-1956) ; Vladislas Zolotarez (1942-1975) ; Thomas Gubisch (né en 1957) ; Régis Campo (né en 1968). Bis : Thomas Ould, accordéon.

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