Un beau concert de musique de chambre au Théâtre Auditorium de Poitiers


 

                            @ crédit photo : Astrid di Crollanlaza


En ce froid mardi de mai, le Théâtre Auditorium de Poitiers accueillait un jeune et séduisant ensemble de musique de chambre : Le trio Sora. En japonais, « Sora » a une signification charmante : l’oiseau qui chante en prenant son envol.


Les responsables du Théâtre Auditorium de Poitiers ont visé juste en invitant le trio Sora, car les trois jeunes femmes qui se sont rencontré au Conservatoire de Paris sont de brillantes musiciennes. Elles visitent une large partie de l’histoire de la musique, mais mardi soir, elles ont présenté trois œuvres radicalement différentes les unes des autres. Et c’est cette diversité qui fait tout le charme du programme avec lequel elles tournent actuellement.


Mendelssohn et Murphy pour commencer la soirée


La soirée débute par une œuvre de Félix Mendelssohn (1809-1847) : le trio avec piano N°1 en ré mineur opus 49. Les trois jeunes femmes prennent visiblement un malin plaisir à jouer ensemble ; dès les premières notes du trio on entre dans l’univers parfois étrange de Mendelssohn qui oscille entre optimisme et coups de blues. On prend plaisir à écouter la musique de Mendelssohn qui résonne joyeusement dans le vaste auditorium sous les doigts experts des trois jeunes femmes. On apprécie aussi les tempos et les nuances parfaits que le trio a adopté pour le chef d’œuvre de Mendelssohn.


La compositrice canadienne Kelly Marie Murphy (née en 1964) compose principalement de la musique orchestrale et de la musique de chambre. Son « Give me Phenix wings to fly » date de 1997 et a d’abord été composé pour un trio de piano. Elle l’a repris dans les années 2000 pour un trio violon, clarinette, piano puis pour un trio violon, violoncelle, piano. Les trois musiciennes en donnent une très belle lecture ; si l’on peut se laisser surprendre par les premières mesures du chef d’œuvre de Murphy, on se laisse transporter dans de lointaines contrées par ce phénix très inhabituel.


Piazzolla en point d’orgue du concert


Au retour de l’entracte, le trio Sora aborde une œuvre d’Astor Piazzolla : Les quatre saisons de Buenos Aires. Si depuis Les quatre saisons, le célébrissime quadruple concerto pour violon et orchestre d’Antonio Vivaldi (1678-1741), le « thème » a été mis en musique à plusieurs reprises ; le chef d’œuvre de Piazzolla en est un très bel exemple. Le choix d’un trio en fait une œuvre à part ; cela étant dit cette lecture de Piazzolla est de très belle facture. Le trio Sora en livre une interprétation parfaite lors de cette très belle soirée ; les trois musiciennes qui connaissent parfaitement leur Piazzolla prennent un réel plaisir à interpréter ces Quatre saisons de Buenos Aires.


C’est un très beau concert que le trio Sora a présenté au public poitevin ; et il leur a réservé un accueil si enthousiaste que les trois artistes ont concédé deux bis : Matin de printemps de Nadia Boulanger (1887-1979) et Oblivion de Astor Piazzolla (1921-1992).

Compte rendu concert. Poitiers. Auditorium, le 19 mai 2026. Félix Mendelsohn (1809-1847) : trio avec piano N°1 en ré mineur opus 49 ; Kelly Marie Murphy (née en 1964) : Give me Phenix wings to fly ; Astor Piazzolla (1921-1992) : les quatre saisons de Buenos Aires, Oblivion (bis N°2) ; Nadia Boulanger (1887-1979) : Matin de printemps (bis N°1). Fanny Fheodoroff, violon ; Angèle Legasa, violoncelle ; Pauline Chenais, piano. Trio Sora.

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