Schubert et Mozart au programme du Choeur et Orchestre des Jeunes


Lancé en 2013 par l’Orchestre des Champs Élysées, le Chœur et Orchestre des jeunes est devenu un moment incontournable de la vie lycéenne néo aquitaine ; et le public ne s’y est pas trompé en venant de plus en plus nombreux à l’auditorium pour écouter le résultat de plusieurs mois de travail d’abord dans les différents lycées de Nouvelle Aquitaine puis au Théâtre Auditorium de Poitiers pendant plusieurs week-end pour coordonner l’ensemble. En 2025, les jeunes musiciens avaient interprété des œuvres de Gioachino Rossini (1792-1868) et de Vincenzo Bellini (1801-1835), pour leur édition 2026, le COJ* rend hommage à Franz Schubert (1797-1828) et à Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Comme les années précédentes, c’est Guillemette Daboval nouvellement nommée cheffe associée du Chœur et Orchestre des Jeunes, qui dirige cette soirée particulière. Je regrette cependant de voir de plus en plus de choristes aux têtes blanches parmi les lycéens alors que l’on parle d’une action en direction des jeunes de Nouvelle Aquitaine qui attire chaque année de plus en plus de monde.


Des lieder et de la musique sacrée


Happé par la mort en décembre 1791, Wolfgang Amadeus n’a pas eu le temps d’achever la composition de son requiem. C’est donc son élève, Franz Xaver Sussmayr (1766-1803) qui l’a achevé sur la demande de Constance Mozart (1762-1842). Guillemette Daboval et les responsables du COJ n’ont programmé que les « parties » chorales de l’ultime chef d’œuvre de Mozart. Et les jeunes, « renforcés » par des choristes plus âgés chantent avec un enthousiasme communicatif sous la direction énergique de Guillemette Dadoval. Si on peut regretter des tempos parfois un peu trop « vifs » et une diction pas toujours très claire, on ne peut que saluer la très belle lecture de la cheffe d’orchestre qui connaît parfaitement son Mozart. De Franz Schubert, on écoute aussi trois lieder de Franz Schubert (1797-1828) pour permettre à Chloé Jacob, dont les deux interventions dans le requiem de Mozart sont infimes, de donner de la voix. Que ce soit La jeune fille et la mort (dans l’orchestration de Félix Mottl [1856-1911]), dans Litanie pour le repos de toutes les âmes (orchestré par Max Reger [1873-1916]) ou Du bist die Ruth (orchestré par Max Reger [1873-1916]), nous avons eu l’occasion d’apprécier la belle voix de soprano de la jeune femme dont la diction en allemand est par ailleurs parfaite. Les extraits de la messe N°6 en si bémol majeur de Schubert est tout aussi bien interprété par le chœur et par l’orchestre ; la direction de Guillemette Daboval est toujours aussi dynamique et c’est une chose que j’apprécie mais les tempos sont quand même toujours un peu vifs et cela tend à effacer un peu le « temps » de méditation nécessaire lorsqu’on programme de la musique sacrée.


Des symphonies de Mozart et de Joseph Haydn pour compléter le programme


On ne s’étonnera pas de voir le nom de Joseph Haydn qui a bien connu Wolfgang Amadeus Mozart dont il fut aussi le « maître » après Léopold Mozart (1719-1787) qui fut, lui, le premier professeur de son fils. Les deux hommes qui s’admiraient l’un l’autre sont très vite devenus amis se dédicaçant mutuellement des œuvres. C’est aussi pour permettre à l’orchestre de jouer seul et donner quelques nécessaires minutes de repos au chœur, ce sont les premiers mouvements de deux symphonies qui ont été inscrits : celui de la symphonie N°25 en sol mineur de Mozart noté « allegro con brio » correspond bien à la direction très alerte de Guillemette Daboval. A été ajoutée la symphonie N°49 « la passion » de Jospeh Haydn (1732-1809) ; le premier mouvement « adagio » est tout aussi bien interprété par l’orchestre qui suit sa cheffe du jour avec une précision millimétrée.

C’est un beau concert que le Chœur et Orchestre des Jeunes a proposé à un public enthousiaste et venu nombreux. Le projet, mené par l’Orchestre des Champs Élysées est devenu un incontournable tant il attire de plus en plus de monde. Reste à laisser venir de plus en plus de lycéens et à laisser partir les « anciens » même s’il s’agit de renforcer partiellement les pupitres de ténors et de basses.



Compte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 2 mars 2026. Franz Schubert (1797-1828) : messe N°6 en si bémol majeur (Kirie, Domine Deus, sanctus, osanna), litanie pour le repos de toutes les âmes pour soprano et piano (orchestration : Max Reger [1873-1916]) ; Lied « La jeune fille et la mort » (orchestration : Félix Mottl [1856-1911]), lied Du bist die Ruth (orchestration : Max Reger [1873-1916]) ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : requiem en ré mineur (Introït, Dies Irae, Rex Tremendae, Confutatis, Lacrimosa, Agnus Dei, Communio), symphonie N°25 en sol mineur K183 (1er mouvement) ; Joseph Haydn (1732-1809) : Symphonie N° 49 « la passion » (mouvement N°1). Chloé Jacob, soprano ; Orchestre du Conservatoire Gabriel Fauré d’Angoulême ; musiciens formateurs de l’Orchestre des Champs Élysées ; chœurs des lycéens de la région Nouvelle Aquitaine ; Guillemette Daboval, direction.



* COJ : Chœur et Orchestre des Jeunes


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